mercredi 21 décembre 2011

Cusco


Après un passage de frontière en bus, une rapide visite des îles flottantes des Uros à Puno et une courte nuit dans le bus (arrivée à 4h30 du matin), nous voici à Cusco, la capitale du tourisme Péruvien ! Et pour cause, la région regorge de sites Incas et la ville est le point de départ d'un des lieux les plus visités au monde : le Machu Picchu, une des nouvelles merveilles du monde.
Mais avant de nous rendre sur ce lieu mythique, nous décidons de passer quelques jours à Cusco pour visiter d'autres sites archéologiques.

Mardi 6 Décembre 2011 :

Nous partons en milieu de matinée dans la ville bien décidés à trouver un bus collectif pour nous emmener à Tipon. Ce site n'est pas inclu dans les tours touristiques classiques, il est donc un peu plus « difficile » de trouver un transport pour s'y rendre (astuce: l'arrêt de bus se trouve juste derrière le Coliseum, le stade de foot, dans l'avenue Condemayta).
Le bus nous dépose dans le village de Tipon d'où il nous faut prendre un taxi (ou marcher 1h minimum) pour rejoindre le site. Le taxi étant à 15 soles (pour l'aller = 3,50/4€) nous trouvons un couple de Péruvien pour partager la course.

Tipon n'était pas une grande ville Inca mais plutôt un centre agricole. La majorité de la surface est occupée par douze grandes terrasses chacunes alimentées par un système complexe d'irrigation car la principale curiosité de Tipon est bien la façon dont les Incas ont réussi à exploiter l'eau. Un enchaînement de canaux et de cascades permet de purifier l'eau pour la rendre potable et, en même temps, la distribuer dans les différentes parcelles pour l'agriculture.


C'est le plus grand et le plus complexe système hydraulique Inca découvert à ce jour et il aurait été un des jardins des rois Incas.
Le lieu est très calme car situé en dehors des tours touristiques. Nous y croisons même un groupe venu spécialement pour participer à une séance de méditation/prière inca afin de communier avec la terre-mère (la fameuse Pachamama). On rigole un peu quand ils agitent leurs bras au dessus de la tête façon groupie au ralenti à un concert de Robbie Williams.
Mais le site étant somptueux, on les comprend.


Il nous faut 45 minutes pour faire le tour mais nous pourrions y passer des heures. Nous avons vu des gens pique-niquer et c'est une bonne idée pour la prochaine fois !
Nous redescendons sur le village avec le taxi qui nous a attendu et nous reprenons le bus direction Cusco car il est un peu trop tard pour aller visiter le site de Pikillaqta situé un peu plus loin sur la route.

Mercredi 7 Décembre 2011 :

Aujourd'hui nous avons décidé de visiter un peu la ville. Première étape, le Qorikancha Museum, situé à deux minutes de notre hôtel.
Il est bon de préciser qu'un ticket touristique, appelé « boleto turistico », permet d'accéder à 16 sites et musées différents dans et autour de Cusco. Tipon était aussi compris dans ce billet. Ce ticket est vraiment intéressant car certains sites nécessitent de payer 70 soles pour entrer et le billet ne coûte « que » 130 soles (environ 30€). Par contre, l'entrée au Machu Picchu n'est pas comprise avec le billet, ce serait trop beau.


Donc, le musée Qorikancha est situé dans les fondations de l'ancien temple du même nom. Ici sont exposés différents objets trouvés lors de fouilles: des poteries, des accessoires de cuisine et/ou de beauté, des outils, des armes et même des momies car les Incas momifiaient aussi leur morts!



Petite différence néanmoins avec les Egyptiens, les momies incas étaient conservées dans des sortes de paniers en osier pour pouvoir les transporter, par exemple lors de visites à un ami possédant lui aussi une momie (sûrement pour que les momies discutent entre elles...).

La visite de ce musée étant rapide, nous nous rendons un peu plus loin sur l'avenue au monument à l'honneur de l'Inca Pachakuteq (ancien roi Inca).
Cette statue haute de 35 mètres est posée sur un socle de 22 mètres dans lequel il est possible de monter afin d'admirer la vue sur Cusco et ses collines.
Dans le socle, nous passons une série de salles retraçant le parcours de ce roi inca. Pachakuteq a régné de 1438 à 1471 et c'est lui qui a considérablement agrandi l'empire inca en unifiant la plupart des royaumes des Andes. Selon la légende, il consacra la fin de sa vie à construire de grandes citées ou monuments tel le Machu Picchu.

Puis nous partons voir la fameuse pierre aux douze angles de Cusco. Dans la ville, il est possible de voir de nombreux murs de pierres taillées datant des incas. Un de ces murs possède une pierre à douze angles s'emboitant parfaitement avec les autres. Vous pouvez recompter!


La fin d'après midi est consacrée, pour Aurore à la visite du musée d'art populaire, tandis que Julien préfère rentrer à l'hôtel.
Ce musée permet de voir des sculptures, peintures ou céramiques d'artistes contemporains renommés de la région de Cusco. On peut y apprécier beaucoup de scènes de la Nativité (style classique ou plus moderne), de figurines représentant les péruviens en tenue traditionnelle,.... Ce musée, assez petit et très beau, ne prend pas longtemps à visiter et vaut le détour afin d'avoir un aperçu de l'art péruvien actuel.





Jeudi 8 Décembre 2011:

Aujourd'hui, nous partons assez tôt afin de pouvoir visiter plusieurs sites dans les environs de Cusco.
Le premier est Pisaq situé à 1h30 de Cusco. Là encore, le bus nous dépose dans le village et les ruines sont à 15 minutes en taxi. Le trajet coûte 45 soles (aller/retour) et nous trouvons deux chinois pour partager le taxi.
Cette cité inca comportait des habitations, un temple et des terrasses pour les cultures.


C'est un site assez grand et il faut faire un peu de grimpette pour accéder aux habitations.
La plupart des sites incas étaient construits à flancs de collines, ce qui fait que nous avons droit à des vues superbes sur les vallées dans lesquelles donnent ces sites.


Après Pisaq, nous reprenons un bus qui nous dépose à Tambomachay. Ce site était aussi appelé « les bains des princesses », en effet, deux aqueducs amènent l'eau sur le site où se trouvent une fontaine et trois terrasses de pierre permettant de créer des bains pour la famille royale Inca.


Sur place, nous rencontrons un lama esseulé, ce qui est rare, généralement, les lamas sont accompagnés de leur gardien(ne) qui demande de l'argent pour les photos. Nous en profitons donc pour en faire!


En face du site de Tambomachay se trouve celui de Puka Pukara qui lui servait de caserne militaire, centre administratif, réserve de nourriture et centre de contrôle de la route. Le nom Puka Pukara signifie « forteresse rouge ». C'était aussi là que restait la suite royale quand la famille royale se rendait aux bains de Tambomachay.
Ce site offre un beau point de vue sur la ville de Cusco et ses environs et l'on comprend que les Incas l'aient choisi pour placer leurs militaires.


Après la visite de ces trois sites, nous rentrons à Cusco qui n'est qu'à une vingtaine de minutes du site de Puka Pukara.

vendredi 16 décembre 2011

Bilan Bolivie


Un tour à deux en Bolivie, c'est:
  • 22 jours dans le pays
  • 1700km parcourus en bus/voiture pour plus de 40h
  • 6 hostels et 4 refuges (dont 1 à 5300m d'altitude)
  • 560 photos (qui restent après le tri)
  • 6 posts sur le blog

Informations concernants la Bolivie:
  • La monnaie est le Bolivianos qui s'écrit BOB (c'est pas une blague!) (1€ = entre 9 et 10 BOB, le taux change souvent).
  • Une nuit en hostel coûte environ 70-100 BOB pour une chambre double avec salle de bain privée. Un peu plus cher à La Paz.
  • Les routes pour les bus et/ou les trains sont souvent bloquées à cause de manifestations. Les compagnies ne font pas partir de bus quand les routes sont bloquées, ce qui fait que vous pouvez rester « coincé » dans une ville 2 ou 3 jours.
  • Le rythme de vie est le même qu'au Chili et en Argentine, même si il est difficile de dormir très tard à cause des coups de klaxon intempestifs. Toujours la pause sieste à midi pour les magasins.
  • C'est un pays très très abordable pour les portefeuilles ! Pour exemple il est tout à fait possible de manger un bon repas pour 2€.
  • Contrairement au Chili et à l'Argentine, l'eau du robinet n'est jamais potable. Mais une bouteille de 2L ne coûte qu'environ 50 centimes d'euros.

Les 5 choses que l'on a préférées:
  • L'excursion de 3 jours dans le désert de l'Atacama et le Salar d'Uyuni ! Un incontournable du pays.
  • La lagune « Oro del Inca » à la sortie de Potosi. Très peu de touristes et tellement tranquille.
  • La ville de Sucre, qui est vraiment différente (plus jolie) que les autres villes de Bolivie.
  • La descente de la « Death Road » !
  • Copacabana, une ville tranquille dans un très beau cadre. Parfait pour se détendre.

Les 5 choses qu'on a le moins aimées:
  • Les bus sans toilettes en état de fonctionnement et sans repas
  • L'état des routes …. mais que fait la DDE ?
  • Etre malade avant la montée du Huayna Potosi et donc de ne pas être allé au sommet.
  • Le bateau leeeeennnntttt pour se rendre à l'île du soleil. Le premier qui installera un moteur 500ch et qui fera payer double sera millionnaire (en BOB...)
  • La bière Potosina (de Potosi), la brasserie la plus haute du monde. Mais l'altitude ne réussit pas vraiment à la fermentation...

Les 5 choses qu'on aurait aimées faire:
  • La jungle, mais on se rattrapera au Pérou.
  • Le site archéologique de Tiahuanaco avec la « Porte du Soleil » à côté de La Paz.
  • Passer un peu plus de temps dans le Sud Lipez.
  • Voir le Salar sous l'eau (possible entre fin Décembre et Mars) ! Nous reviendrons !
  • Voir un peu plus le côté culturel de la Bolivie. Mais avec le Pérou, la aussi, on se rattrapera.


Si vous venez dans la région et que vous avez un peu de temps la Bolivie mérite d'être visitée, ne serait-ce que pour le Salar ! Par contre attention à l'altitude ! La Paz est entre 3500m et 4000m et cela peut vous donner mal au crâne si vous arrivez directement en avion sans acclimatation. Dans ce cas des pilules existent (à acheter en pharmacie) ou vous pouvez aussi mâcher des feuilles de coca.
C'est vraiment un pays qui dépayse. Contrairement à l'Argentine et au Chili, la culture indienne est encore très présente. Il n'est pas rare d'entendre parler Quechua dans la rue.
Enfin, nous l'avons dit, ce n'est pas un pays cher et il est donc possible de faire un grand nombre d'activités malgré un budget réduit (il faut négocier quand même car les prix de départ sont souvent exagérés mais ils descendent vite).


Carte de notre trajet en Bolivie :

Afficher Bolivie sur une carte plus grande

jeudi 15 décembre 2011

Copacabana

Dernière étape avant notre passage au Pérou, nous voici sur les rives du lac Titicaca dans la ville de Copacabana. L'évocation de ce nom, vous fait bien sûr penser à une des plus belles plages du monde mais non, ça c'est Copacabana au Brésil et nous sommes toujours en Bolivie!

La ville de Copacabana en Bolivie est située à 5km de la frontière avec le Pérou et est réputée pour sa Virgen Morena (Vierge Brune) qui aurait réalisé de nombreux miracles et qui est une sculpture réalisée en 1580 par Francisco Yupanqui, artiste quechua et l'Isla del Sol (Ile du Soleil) située à une heure de bateau.



Nous avons été voir les deux mais ne pourrons vous montrer des photos que de l'île, il est en effet interdit de prendre des photos de la sculpture de la Vierge.
Copacabana est très agréable même s'il y a peu de choses à y faire, c'est surtout une ville de passage pour les gens se rendant de la Bolivie au Pérou ou le contraire.
Comme toute la Bolivie, la ville est peu chère et nous avons pu y déguster un plat de truite pour deux euros chacun!!


Samedi 3 Décembre 2011:


 

Nous partons dès 8h direction le port de Copacabana pour prendre un bateau pour l'île du soleil. Après un trajet d'environ une heure et demie, nous voici sur la partie nord de l'île. Cette île était sacrée du temps des incas et n'abritait qu'un sanctuaire destiné au Dieu Soleil, d'où elle tire son nom.
L'île abrite des vestiges du temps des incas comme des habitations, route ou lieux de culte.


Ce qu'il faut savoir par rapport à cette île, c'est que tout y est payant. On paye tout d'abord pour accéder à un petit musée (où il n'y a pas grand chose à voir), ce ticket permet également de se rendre sur les ruines du Nord de l'île. Si on veut passer au Sud de l'île, il n'y a qu'une route et celle-ci aussi est payante puis l'accès aux ruines du Sud est également payant. Ce n'est jamais très cher (environ 5 B, c'est à dire 50 centimes d'euros). Ce que nous avons moins apprécié, c'est que lorsqu'on arrive en bateau, nous sommes alpagués par un guide qui nous conduit jusqu'au musée puis aux ruines. Ce guide fait bien attention à ce que tout le monde suive et laisse entendre qu'il faut passer par lui. Mais à la fin de la visite, il demande à être payé (jusque là, ça semble normal) et fixe son prix par personne à savoir 10B. Là, c'est plus le principe d'exiger une somme qui nous dérange. Surtout que nous nous sommes aperçus par la suite que nous pouvions tout à fait visiter l'île sans lui.
Malgré ce petit désagrément, l'île offre des paysages magnifiques et elle vaut le détour.


Nous avions prévu d'y passer la nuit mais Aurore oubliant sa casquette fait une insolation et nous n'y passons donc qu'une grosse demi-journée avant de repartir pour Copacabana et nous préparer pour notre passage au Pérou le lendemain.

PS: petite photo bonus des deux chatons qui étaient dans notre hostel. Ils étaient adorables!


mardi 13 décembre 2011

Death Road


Mardi 29 Novembre 2011:

Après notre ascension sur le Huyana Potosi, nous nous reposons deux jours à La Paz puis décidons d'essayer une autre activité des environs: la descente de la Death Road ou Ruta de la Muerta ou Route de la Mort.
Cette route de 63 km servait à relier La Paz avec d'autres villes. Elle est très étroite et donne sur un précipice de plus de 300 mètres. Elle n'est maintenant plus vraiment utilisée pour la circulation, une nouvelle route ayant été construite et a donc été reconvertie en attraction touristique. En effet, on la descend à vélo. Bien sur, comme vous l'aurez compris, elle tire son nom du fait que de nombreux accidents y ont lieu et qu'il y a rarement eu de survivants.

Nous trouvons une petite agence qui nous fait un prix très intéressant et partons donc le matin à 7h dans un minibus avec notre chauffeur, Arturo, notre guide, Walter et une autre personne, un basque dont nous n'avons pas réussi à retenir le nom.
Après une petite heure de route, nous arrivons à la première partie de la route mais avant ça: petit déjeuner!
Après nous être restaurés, nous enfilons notre équipement: sur-pantalon, veste, casque intégral, coudières, genouillères et gants, nous prenons nos vélos et partons à la suite de notre guide qui est également chargé des photos.

Nous croisons de nombreux autres groupes et en voyant leur nombre (parfois plus de vingt personnes pour les grosses agences), nous sommes bien contents d'être passés par une agence plus petite.
Les premiers kilomètres sont faciles, la route est goudronnée et il suffit se laisser porter. Ces vingt premiers kilomètres servent surtout à avoir le vélo en main et voir s'il n'y a pas de difficulté avec le matériel car après ces vingt kilomètres commence la vraie death road. Celle-ci n'est pas goudronnée mais composée de gravier et cailloux de différentes tailles et donne sur un précipice de 300 à 500 mètres. Autant dire qu'il vaut mieux éviter de tomber!

Nous voilà partis pour 43km sur piste. Notre groupe s'organise de la façon suivante: le guide, le basque, Julien,... beaucoup plus loin, Aurore et le minibus qui ferme la marche afin de récupérer ceux qui auraient crevé. Et des crevaisons nous en avons eu 4! Le guide n'en revenait pas. Julien en a eu deux et le basque deux. Aurore, peut-être grâce à sa descente plus lente mais plus contrôlée n'en a eu aucune.
Durant la descente (enfin durant les arrêts pour Aurore car quand on descend ce genre de route, on reste concentré dessus), nous avons eu droit à de magnifiques paysages.

Cette descente nous fait passer d'une altitude de 4600 mètres à 1100 mètres et donc la température et la végétation changent du tout au tout. Nous passons d'environ 15° à 30° et la végétation devient de plus en plus fournie et verdoyante.

Nous finissons cette route assez épuisés (rouler sur piste est très fatiguant, les vibrations ont fait souffrir les mains d'Aurore) et avec une chute au compteur: Julien qui heureusement n'est pas tombé dans le ravin!

Après cette longue descente qui nous a pris 4h, nous sommes conduits (en minibus) à un hôtel pour prendre une douche, manger et profiter de la piscine! Puis une fois la pause détente finie, nous repartons sur La Paz par la nouvelle route!

vendredi 9 décembre 2011

Huayna Potosi


Comme nous le disions dans l'article précédent, La Paz ne regorge pas de choses à faire dans la ville mais les agences proposent de nombreuses activités à quelques heures de route. Une des plus connues est certainement l'ascension du Huayna Potosi, une montagne haute de 6088m, réputée « facile » (c'est quand même un 6000m).
Julien a cette idée en tête depuis le départ mais l'on attendait de voir comment nous allions réagir à l'altitude. L'acclimatation étant plutôt bonne et Ash et Abida (le couple rencontré à la lagune de Potosi) voulant également le faire, nous nous laissons tenter par l'aventure.

Jeudi 24 Novembre :

La veille, nous avons essayé le matériel qui nous servira pour l'escalade. Il est composé de :

  • Une paire de chaussure plastique
  • Une paire de crampons
  • Un sur-pantalon et une veste
  • Une paire de grosses moufles
  • Un piolet
  • Un baudrier
  • Un casque
  • Des guêtres
Le tout est plutôt lourd mais pour le moment nous ne devons pas porter l'équipement.
Après un rapide débriefing du programme des prochains jours, notre petit groupe monte dans la voiture direction le refuge numéro 1 à 4600m d'altitude. Il y a donc Ash et Abida (anglais), Marc et Anja (un australien et une danoise) et nous deux. Plus deux guides pour le moment, un 3ème viendra nous rejoindre demain.

Arrivés au refuge, nous rencontrons deux gars qui viennent de redescendre du sommet. Ils l'ont fait ! Ils ont l'air plutôt physique mais ils sont complètement à bout. Ce n'est pas vraiment rassurant...
Après un petit repas, nous répartissons notre équipement dans nos sacs car nous allons marcher jusqu'au glacier pour un entrainement de marche sur glace, d'utilisation du piolet et un petit peu d'escalade sur glace pour le fun car dans l'ascension il n'y a pas « d'escalade » à proprement parler.

A peine la marche commence que nous sentons que les 200m de dénivelé d'aujourd'hui ne vont pas être une partie de plaisir avec les gros sacs. L'altitude se fait bien sentir. Nous commençons à 4600m et nous nous entrainerons à 4800m !!! (Pour rappel, l'altitude du Mont Blanc est de 4813m. Je sens venir la remarque du 4807m mais au dernier relevé avec la couche de glace qui a grossi, le Mont Blanc était à 4813).
Dans la montée, Aurore fatigue vraiment et elle doit s'arrêter souvent. Malgré l'usage de feuilles de coca, l'aller est très difficile et elle prend alors le décision de monter jusqu'au deuxième refuge à 5300 mètres mais de ne pas tenter pas le sommet ce qui permet également de ne pas avoir à transporter son matériel au deuxième refuge.

L'entrainement n'est pas non plus facile. Les guides nous font monter, descendre des parois de glace à 45°, faire et refaire un petit circuit qui fait travailler toutes les techniques qu'ils ont expliquées. C'est très intense et à cette altitude, vraiment fatigant.
Marc et Julien vont même jusqu'à tenter le challenge du guide de réussir le parcours en 1 minute. Ils le font mais finissent à bout de souffle. Forcément... qui irait courir au sommet du Mont Blanc ?
Après l'escalade de glace, nous ramassons les affaires et quittons le glacier.

    


La descente est plus facile mais ça tire vraiment sur les jambes. Les guides nous disent alors que nous avons la possibilité de prendre des porteurs pour la journée de demain qui s'annonce bien plus compliquée (nous devons monter au 2ème refuge situé à 5300m d'altitude).
Julien voulant garder un maximum de ressource pour l'ascension trouve l'idée bonne et Ash et Abida aussi (surtout que les porteurs ne sont pas cher, environ 10 euros). Nous prenons donc deux porteurs. Marc et Anja décident de tenter de monter avec leur sac.

Vendredi 25 Novembre :

Nous devons partir à 12h30 pour le 2ème refuge, c'est donc « grasse mat » (lever 8h30) …
Après une bonne soupe, nous prenons la route. Au programme 3-4h de marche pour rejoindre le refuge. De là où nous sommes nous ne distinguons qu'un petit point vert sur un rocher trèèès loin dans la montagne. Ca va vraiment être dur.

Bon la première partie on connaît, c'est la même route que pour le glacier. Pas trop dur sans les gros sacs. Un moment, nous bifurquons sur l'autre route, celle du refuge. Et là les choses changent radicalement. La route démarre sur une grosse montée étroite, pas moyen de zig-zager pour adoucir la pente, nous devons la prendre de face, dans le dur. Vingt minutes après, nous arrivons sur une crête en faux-plat montant, un bonheur après la première montée ! La crête se termine même sur une petite descente.... trop simple.
Un petite dame perdue au milieu de nul part nous fait payer un droit d'entrée au parc (1 euro par personne). Julien demande si la suite est aussi dure que la première partie, le guide répond qu'il n'y a pas de partie dure... ça s'annonce mal.


La suite du parcours est tout simplement le trek le plus dur que nous n'ayons jamais fait de notre vie. Le chemin est en fait un amas de cailloux dont certaines pierres instables se dérobent sous nos pieds. Certaines « marches » sont tellement hautes qu'il faut se hisser avec les bras ce qui casse inévitablement le rythme de la marche. Cela fait déjà 3h que nous marchons et le refuge est encore loin, les guides nous confirment que nous sommes un groupe lent mais ils ne cherchent pas à forcer la marche, ils savent que nous y arriverons en avançant à notre rythme.
Après 30 minutes, nous atteignons un refuge, 5140m. Pas le notre... Notre agence possède le refuge le plus haut. Ce qui est certainement un avantage pour l'ascension mais qui sur le moment nous fait pester. Encore 1h-1h30 de marche...


La montée juste après ce refuge se transforme en escalade et nous n'exagérons rien ! Aucun chemin, juste une paroi rocheuse escarpée d'une quarantaine de mètres. Un guide passe devant les autres et se place en contrebas du groupe au cas où quelqu'un tomberait. C'est donc collé à la paroi, agrippé aux prises dans la roche que notre petit groupe gravit cet obstacle. Fatigant mais à la limite, c'est de cette manière que l'on prend de la hauteur rapidement. Effort intense mais court ou effort moindre mais sur la durée …. difficile de savoir lequel est le mieux.
Nous arrivons enfin au refuge. Première impression, il est beaucoup plus rustique que celui que nous avons passé. Une petite salle pour que les guides préparent la cuisine (pour l'eau, ils font fondre de la neige. Ils la font bouillir pas d'inquiétude.) et une « grande » salle pour dormir. Le couchage se résume à des matelas fins au sol, une planche de bois a été mise en hauteur avec d'autres matelas fins. Nous sommes 11 car Michau (un polonais) nous a rejoint aujourd'hui pour l'ascension (il ne fait pas l'entrainement) et il a aussi un guide avec lui. 6 en bas et 5 en haut donc, c'est déjà 1 de plus que la capacité du refuge ! Mais bon on se serre un peu et tout va bien.

Niveau santé maintenant. Tout le monde (sauf les guides) est nauséeux avec des maux de tête et à bout de force. L'altitude ne pardonne pas et les infusions de coca ne changent pas vraiment la donne. Les guides nous servent une soupe qui passe difficilement et Julien ne se sent pas de finir son plat de pâtes.
Les guides nous donnent le planning de demain. Lever minuit, petit déjeuner puis on s'équipe. Le départ pour le sommet est fixé à 1h00 pour plusieurs raisons: nous marchons dans la neige jusqu'à la fin et la nuit, il fait froid, donc la neige est plus dure et les crampons accrochent mieux. Ensuite, l'idée est d'être au sommet pour le lever du soleil, magique.
Nous nous couchons donc à 7h30. Tout le monde essaie de dormir mais c'est difficile car il fait froid (pas assez de couvertures pour tout le monde), le mal de crâne perdure et pour nous, un mal de ventre et des nausées. Les guides, par contre, ronflent allègrement !


Samedi 26 Novembre :

Minuit: lever. Aurore n'est vraiment pas bien et bien contente de ne pas monter, Abida est trop mal pour monter. Tous les autres se préparent.

A partir d'ici c'est Julien qui continue à écrire car Aurore est restée dans le refuge.
La nuit ne fût pas simple. J'ai finalement vomi dans la nuit ma soupe et les 3 pâtes que j'avais mangées hier soir. Les guides nous avaient dit que si à minuit nous étions toujours malades, il valait mieux rester au refuge. En me levant, j'ai dû ressortir vomir. Le mal de l'altitude est vraiment sans appel, mais je me demande aussi si la soupe n'y est pas aussi pour quelque chose.
Mais bon, je ne suis pas venu jusqu'ici pour ne pas tenter le sommet, surtout que physiquement je sens que j'ai les jambes pour monter et mentalement (c'est important) je suis motivé. Je m'équipe donc en tentant de contenir le mal de tête et les nausées.
Dehors, il ne fait pas si froid, 5-6 ° je m'attendais à moins. Je retire donc mon écharpe et mon bonnet qui vont me tenir trop chaud dans quelques minutes. Je suis encordé avec Michau car nous avions à peu près le même rythme hier. Le guide est confiant, pour lui nous avons toutes les chances de faire le sommet à la vue de notre condition physique dans le trek d'hier.

1h00: nous partons. La première montée passe facilement, nous arrivons sur un long faux-plat montant rejoindre la crête de l'autre côté de la montagne. Là je commence à avoir de sérieux maux de tête et mon estomac me lance. A mi chemin, je demande une première pause. Pas bon, c'est beaucoup trop tôt, nous marchons depuis 30m. Je prends un peu d'eau, j'hésite à avaler une barre chocolatée mais je sens qu'elle ne passera pas. La cordée repart.
A la fin de la ligne droite il y a une montée bien raide, très courte aussi. En plein milieu, je dois m'assoir, je suis plié en deux par les nausées. Les autres groupes nous doublent et je dis au guide d'accrocher Michau avec eux. Il se retrouve avec Ash et ils repartent.
Une minute, après je me relève et reprends la montée. Arrivé en haut, je sens que je ne pourrais pas atteindre le sommet. Le plus dur est devant et je viens de passer 10 minutes dans une montée qui en nécessite 5. Je regarde mon altimètre: 5400m. Rapide calcul, j'ai fait 100m en une heure il en reste 600 …. Adieu le sommet et à partir de là, à quoi bon continuer ? Le guide me donne 5 minutes pour voir. Je lui donne ma réponse au bout de 3 minutes : « Vamos al refugio » (« On va au refuge »).
La descente se fait en 15 minutes. C'est limite déprimant …
Arrivé au refuge, je me recouche et j'entends 1h après moi Anja qui rentre elle aussi. Elle est cuite, pas forcèment malade mais à bout. Les autres redescendront bien plus tard après avoir atteint le sommet ! 6088 mètres, bravo les gars !

Nous sommes redescendus vers 9h, il nous a fallu 2h30 pour refaire le chemin inverse. Notre mal de ventre n'est passé que lorsque nous sommes redescendus un peu. La descente a aussi été difficile, Julien avait récupéré le gros sac et Aurore le petit. Et n'ayant quasiment pas dormi, ni mangé, le moindre effort physique est très dur!
Enfin, nous sommes bien arrivés en bas et après un petit repas , nous repartons sur La Paz. Là, douche chaude et dodo!

Ces trois jours se sont révélés très durs mais très intenses. Monter à une telle altitude est extrêmement fatigant et on ne sait jamais comment son corps réagira. C'est en tout cas un bon entraînement pour le Népal où nous voulons monter au camp de base situé à environ 5300 mètres.

Pour conclure, Julien est bien décidé à revenir réessayer ce sommet. Aurore non.

©Wikipédia

mercredi 7 décembre 2011

La Paz et la coca

Après un rapide passage à Sucre, très belle ville et capitale de la Bolivie, nous voici à La Paz. Et oui, La Paz n'est pas la capitale de la Bolivie comme beaucoup (dont nous) pouvaient le penser. En fait, le gouvernement siège à La Paz qui est un peu la capitale administrative du pays mais la véritable capitale du pays reste Sucre où siège la Cour Suprême.


La Paz est une ville assez particulière car construite dans une cuvette dont les parois sont maintenant remplies de maisons.
La ville de La Paz n'est pas très intéressante en elle même. Elle sert surtout de lieu de transit et/ou de réservation pour les choses à faire autour. En tout cas, nous l'avons utilisé dans ce sens. Nous ne ferons donc pas un article sur La Paz mais nous en parlerons dans différents articles car, au final, nous sommes restés 10 jours dans la région.

Mardi 22 Décembre 2011:

Nous visitons le musée de la coca, petit musée qui retranscrit l'histoire de cette plante. Comme promis, nous revenons en détail sur cette plante typique et extrêmement présente en Amérique du Sud.

©creapharma.ch
La coca est une plante de la famille des Erythroxylacées. C'est un arbuste de 1,5 à 4 mètres de haut dont les feuilles sont vert clair. Elle est particulièrement adaptée à la culture en haute altitude et peut produire plusieurs récoltes par an.
Cette plante est utilisée par les peuples d'Amérique du Sud depuis plus de 5000 ans pour ses vertus médicinales et dans le cadre de cérémonies religieuses.
La coca permet de protéger du mal des montagnes, aider à la digestion, a un effet cicatrisant et antidiarrhéique, d'optimiser le travail du coeur, de générer de l'énergie et est également un anesthésique puissant.

La feuille de coca a une grande place dans la culture d'Amérique du Sud. Elle est utilisée mâchée ou en infusion afin d'en absorber les substances bénéfiques.
Elle est également utilisée dans les cérémonies religieuses comme offrande ou pour les mariages où l'homme doit ramener une grande quantité de feuilles au père de la mariée lorsqu'il demande sa main et si le père accepte, c'est cette même quantité de feuilles qui sera utilisée lors du mariage.
Dans la culture andine, les nouveaux époux doivent posséder deux choses: une maison et un champ de coca.

©inti.france.free.fr
©bolivie-voyage.net
Lorsque les espagnols arrivèrent au Pérou et en Bolivie au XVIe siècle et qu'ils découvrirent l'usage de la feuille de coca, ils commencèrent par l'interdire le taxant de produit satanique. Puis lorsqu'ils comprirent que son utilisation permettait une plus grande rentabilité des travailleurs (en particulier dans les mines d'argent comme celle de Potosi), ils l'autorisèrent mais l'église catholique imposa une taxe dessus.

Cette plante fut ramenée en Europe où des études scientifiques sont menées et permettent d'en extraire de la cocaïne d'abord utilisée comme anesthésique local en ophtalmologie (les indiens utilisaient la feuille de coca comme anesthésique alors que les européens en étaient encore à devoir assommer les gens ou leur faire prendre de grande quantité d'alcool avant une opération).
Sigmund Freud fut un des premiers utilisateurs de la cocaïne qu'il consommait en l'ingérant par le nez pour ses vertus aphrodisiaques ou comme traitement des troubles gastriques.
La feuille de coca fut utilisée pour créer un vin (par des français!) aux vertus thérapeutiques. Ce vin fut récompensée par le Pape de l'époque.
En 1886, est créée aux Etats-Unis par un pharmacien, une boisson utilisant des feuilles de coca, le fameux Coca-Cola. Cette boisson comporta des traces de cocaïne jusqu'en 1929.


A partir de 1914, les Etats-Unis en réglementent l'usage pour le circonscrire à celui médical.
Mais dès les années 1960, la consommation de la cocaïne redevient préoccupante et explose à la fin des années 70.
Les Etats-Unis se lancent alors dans une guerre contre la drogue et en particulier contre les cartels.
Ils demandent alors l'interdiction de la production, du commerce, la détention et l'usage des drogues hors utilisation médicale. Une convention est signée en 1961 qui porte sur la coca, l'opium, le cannabis et leurs dérivés.
Cette lutte contre la cocaïne est surtout menée en Colombie, au Pérou et en Bolivie. La Colombie important la coca produite par les deux autres pays afin de la transformer en cocaïne. Mais les consommateurs de cocaïne se trouvent aux Etats-Unis et en Europe.
Au Pérou, la culture de coca est autorisée dans le cadre d'un usage traditionnel et en Bolivie, uniquement sur certains territoires.

©AFP
Des études menées ont par ailleurs montrées que l'usage traditionnel de la coca (mâchée ou infusée) ne faisait pas de ses consommateurs des cocaïnomanes. Des traces de cocaïne sont trouvées chez les gros consommateurs de feuilles de coca mais celles-ci sont minimes et l'organisme les détruit très rapidement. Rassurez-vous, nous sommes donc complètement clean !!!

Ce qui est très intéressant, c'est qu'il existe une prédiction faite avant l'arrivée des espagnols sur le territoire inca qui explique l'utilité de la feuille de coca (donnée par les dieux aux hommes) et qui dit:

«Vous trouverez l'amour pour votre douleur, la nourriture pour votre corps 
et la lumière pour votre esprit. 
Plus loin, observez la danse des feuilles avec le vent 
et vous trouverez des réponses à vos requêtes.

Mais si votre tortionnaire, qui vient du Nord, 
le blanc conquérant, le chercheur d'or, devait toucher la feuille, 
il ne trouverait en elle que poison pour son corps et folie pour son esprit 
car son coeur est aussi impitoyable que son vêtement de fer et d'acier.

Et quand la coca, 
qui est le nom que vous lui donnerez, tentera d'adoucir ses sentiments 
elle ne fera que le briser comme les cristaux de glace nés dans les nuages 
fissurent les rochers, démolissent les montagnes.»

Prédiction se révélant tout à fait exacte au vu du détournement de l'usage traditionnel de la coca transformée en cocaïne.

©article11.info

PS : Vous l'aurez noté, les photos (sauf la première) ne sont pas de nous sur cet article. Elles appartiennent aux sites indiqués dans les légendes et si vous cliquez sur les photos, vous serez renvoyés vers ces sites.

samedi 3 décembre 2011

Potosi



Une des villes les plus hautes du monde (4070 mètres d'altitude), elle est construite au pied du Cerro Rico (la montagne riche), nom venant des mines d'argent trouvées dans la montagne. Nous y arrivons avec Valeria et Alessandra, que nous avons rencontrées dans le salar.


Jeudi 17 Novembre 2011:

Aujourd'hui, nous visitons une mine de Potosi. Les mines dans le Cerro Rico sont exploitées par des coopératives de mineurs et sont plus de 150.
La veille, nous avons vu un film « El Minero del Diablo » (la mine du diable), retraçant la vie d'un jeune garçon de 14 ans travaillant dans la mine depuis ses 10 ans. Orphelin de père et devant être soutien de famille pour aider sa mère à nourrir son petit frère et sa petite soeur, il n'avait pas un grand nombre de solutions et dans ce cas là, c'est la mine. Ce film, plusieurs fois primé, est très intéressant même si dur et l'on se rend bien compte du fossé entre nos avantages et la protection sociale que nous avons et leur système.

 

Nous partons avec un groupe de onze personnes et sommes accompagnés par deux guides, Johnny et David, qui travaillent toujours dans la mine.
Nous sommes d'abord équipés: sur-pantalon, veste, bottes, sac et lampe puis nous partons pour un premier arrêt dans un magasin du marché des mineurs, lieu où se vend tout ce dont ont besoin les mineurs: feuilles de coca, gants, jus de fruit, dynamite, cigarettes et alcool. L'alcool est le fameux whisky bolivien, c'est une boisson à 96° (oui, à ce niveau là c'est un désinfectant). Nous l'avons essayé pur et c'est quelque chose.
Nous décidons d'acheter des feuilles de coca (unique alimentation des mineurs dans la mine), des gants et du jus de fruit. Il s'agit de cadeaux pour les mineurs que nous rencontrerons.
Nos guides nous expliquent le fonctionnement des mines, elles fonctionnent sous forme de coopératives ce qui fait que les mineurs doivent acheter eux-mêmes le matériel avec lequel ils travaillent. Cela explique les conditions très rustiques de travail, chariots poussés à la main, creuser la roche sans masque anti-poussière …. De même les mineurs gagnent leur salaire en fonction de la quantité et de la qualité du minerai qu'ils extraient et n'ont donc pas de jours de travail ou d'horaires fixes.
Quand nous pénétrons dans la mine, nous découvrons cet univers particulier où il faut se baisser très régulièrement afin d'éviter les poutres au plafond, se cacher dans un coin pour éviter les chariots et lorsque nous levons la tête, nous découvrons de belles stalactites vertes, du cyanure nous dit notre guide.
Après une bonne demi-heure, nous rencontrons un chef d'équipe au fond de la mine, Pablo. Pablo est assez fort et nous nous demandons comment il a fait pour arriver jusque là car nous avons dû nous glisser dans un petit trou pour monter à ce niveau. D'ailleurs, la visite est fortement déconseillée à toute personne claustrophobe.


Pablo nous explique qu'il travaille là depuis plus de 30 ans, il a une cinquantaine d'années et deux de ses fils travaillent avec lui. Ils peuvent passer 8, 10, 12, 20 heures dans la mine en ne se nourrissent que de feuilles de coca qu'ils mâchent, en fumant des cigarettes et en buvant du whisky bolivien. D'ailleurs nos guides nous montrent le rituel pour boire ce fameux alcool dans la mine. Tout d'abord, ils font un cocktail, moitié whisky moitié jus de pêche dans une bouteille puis chacun s'en verse dans un petit récipient. Avant de boire il faut faire une série d'offrandes (un peu d'alcool répandu au sol) pour Pachamama (la terre mère, la montagne), pour les mineurs, pour le Tio (dieu de la mine), pour le groupe et pour toute personne qu'on souhaite ajouter et très important, il faut dire « Salud » avant de boire! Si on ne dit pas salud, on a l'obligation de recommencer! Bizarrement nos offrandes et celles des mineurs n'ont pas les même proportions, nous versons beaucoup plus d'alcool au sol qu'eux!!
Après cette petite pause hydratation, les mineurs nous montrent comment ils extraient le minerai. Ils utilisent une sorte de marteau piqueur électrique afin de casser la roche, cela produit énormément de poussière et leurs masques sont assez rudimentaires. Julien s'y essaie et trouve l'engin très lourd, il faut savoir qu'ils peuvent avoir à le porter plus d'une heure d'affilée.


Nous repartons ensuite et notre guide nous fait une démonstration de l'usage de la dynamite. Après avoir assemblé sa charge, il nous fait éteindre nos lampes et part l'installer plus loin (après l'avoir allumée près de nous et être resté quelques instants à bavarder!!). Quand la détonation se produit, cela fait un bruit énorme!

Pour finir, nous allons voir le Tio, dieu de la mine mais qui est en fait plus une incarnation du diable. Chaque mine a son Tio sculpté auquel les mineurs font des offrandes (feuilles de coca, cigarettes, alcool) afin qu'il les protège des accidents et leur fasse trouver de bons filons. A la base, le Tio est un dieu fabriqué par les espagnols afin de motiver les indiens à travailler dedans. Les espagnols l'appelaient Dio (Dieu), or dans le langage Quecha, le son « d » n'existe pas, du coup ils l'ont appellé « Tio ».
Le Tio a également un pénis en érection que les mineurs touchent en buvant de l'alcool afin d'avoir des enfants. Le guide demande à Valeria de le toucher pour lui porter chance et quand elle le fait, elle casse le pénis du Tio!! Heureusement le guide n'a pas l'air d'être trop scandalisé mais dit à Valeria que c'est de la malchance pour elle!

C'est ainsi que notre visite se termine et nous sommes assez contents de sortir de cet univers très renfermé et dangereux (de nombreux mineurs meurent chaque année dans la mine, d'ailleurs il y en a eu deux durant la semaine où nous sommes passés à Potosi. La légende dit que plus de 8 millions de mineurs ont trouvé la mort à cause de la mine. C'est possible si l'on compte les morts dues au maladies (principalement la silicose)). Nous y avons passé deux heures, dire qu'eux y restent tellement plus.
Après cette visite et une bonne douche, nous allons boire un verre avec nos guides et une partie du groupe. Ils nous emmènent dans un bar/restaurant où les mineurs vont. Nous commandons des bières et apprenons que chez les mineurs, il faut commander les bières par deux et que dès qu'un verre est vide, il faut le remplir! Autant dire que l'on ne boit pas son verre cul sec!!
Nous goutons également à un plat typique bolivien: viande, riz, pommes de terre avec une sauce au peu piquante et c'est très bon.


Vendredi 18 Novembre 2011:

Avant de partir pour Sucre (prononcez soucré), nous décidons d'aller à une lagune d'eau chaude à l'extérieure de la ville.
Nous prenons donc un bus dans le centre ville. Ici les bus ont un fonctionnement un peu particulier, ils n'ont pas d'horaire de départ mais partent une fois rempli!
Cette lagune se trouve à 1/2h de bus de la ville plus une vingtaine de minutes de marche en montée (et à 4000 mètres, on les sent passer les minutes). Mais elle vaut vraiment le détour. La lagune est très grande (30 mètres de diamètre) et peu fréquentée. Durant notre baignade pendant 1h-1h1/2, nous n'avons vu que deux autres couples de touristes! Par contre, il y avait plusieurs familles boliviennes venues pique-niquer.
Durant le retour, nous rencontrons un couple d'anglais Ash et Abida qui visitent la Bolivie et souhaitent faire le Huyuana Potosi, un sommet de 6000 mètres, l'un des plus accessibles au monde, que Julien veut lui aussi gravir. Nous décidons donc de nous retrouver à Sucre puis La Paz pour envisager ce projet.