mercredi 7 décembre 2011

La Paz et la coca

Après un rapide passage à Sucre, très belle ville et capitale de la Bolivie, nous voici à La Paz. Et oui, La Paz n'est pas la capitale de la Bolivie comme beaucoup (dont nous) pouvaient le penser. En fait, le gouvernement siège à La Paz qui est un peu la capitale administrative du pays mais la véritable capitale du pays reste Sucre où siège la Cour Suprême.


La Paz est une ville assez particulière car construite dans une cuvette dont les parois sont maintenant remplies de maisons.
La ville de La Paz n'est pas très intéressante en elle même. Elle sert surtout de lieu de transit et/ou de réservation pour les choses à faire autour. En tout cas, nous l'avons utilisé dans ce sens. Nous ne ferons donc pas un article sur La Paz mais nous en parlerons dans différents articles car, au final, nous sommes restés 10 jours dans la région.

Mardi 22 Décembre 2011:

Nous visitons le musée de la coca, petit musée qui retranscrit l'histoire de cette plante. Comme promis, nous revenons en détail sur cette plante typique et extrêmement présente en Amérique du Sud.

©creapharma.ch
La coca est une plante de la famille des Erythroxylacées. C'est un arbuste de 1,5 à 4 mètres de haut dont les feuilles sont vert clair. Elle est particulièrement adaptée à la culture en haute altitude et peut produire plusieurs récoltes par an.
Cette plante est utilisée par les peuples d'Amérique du Sud depuis plus de 5000 ans pour ses vertus médicinales et dans le cadre de cérémonies religieuses.
La coca permet de protéger du mal des montagnes, aider à la digestion, a un effet cicatrisant et antidiarrhéique, d'optimiser le travail du coeur, de générer de l'énergie et est également un anesthésique puissant.

La feuille de coca a une grande place dans la culture d'Amérique du Sud. Elle est utilisée mâchée ou en infusion afin d'en absorber les substances bénéfiques.
Elle est également utilisée dans les cérémonies religieuses comme offrande ou pour les mariages où l'homme doit ramener une grande quantité de feuilles au père de la mariée lorsqu'il demande sa main et si le père accepte, c'est cette même quantité de feuilles qui sera utilisée lors du mariage.
Dans la culture andine, les nouveaux époux doivent posséder deux choses: une maison et un champ de coca.

©inti.france.free.fr
©bolivie-voyage.net
Lorsque les espagnols arrivèrent au Pérou et en Bolivie au XVIe siècle et qu'ils découvrirent l'usage de la feuille de coca, ils commencèrent par l'interdire le taxant de produit satanique. Puis lorsqu'ils comprirent que son utilisation permettait une plus grande rentabilité des travailleurs (en particulier dans les mines d'argent comme celle de Potosi), ils l'autorisèrent mais l'église catholique imposa une taxe dessus.

Cette plante fut ramenée en Europe où des études scientifiques sont menées et permettent d'en extraire de la cocaïne d'abord utilisée comme anesthésique local en ophtalmologie (les indiens utilisaient la feuille de coca comme anesthésique alors que les européens en étaient encore à devoir assommer les gens ou leur faire prendre de grande quantité d'alcool avant une opération).
Sigmund Freud fut un des premiers utilisateurs de la cocaïne qu'il consommait en l'ingérant par le nez pour ses vertus aphrodisiaques ou comme traitement des troubles gastriques.
La feuille de coca fut utilisée pour créer un vin (par des français!) aux vertus thérapeutiques. Ce vin fut récompensée par le Pape de l'époque.
En 1886, est créée aux Etats-Unis par un pharmacien, une boisson utilisant des feuilles de coca, le fameux Coca-Cola. Cette boisson comporta des traces de cocaïne jusqu'en 1929.


A partir de 1914, les Etats-Unis en réglementent l'usage pour le circonscrire à celui médical.
Mais dès les années 1960, la consommation de la cocaïne redevient préoccupante et explose à la fin des années 70.
Les Etats-Unis se lancent alors dans une guerre contre la drogue et en particulier contre les cartels.
Ils demandent alors l'interdiction de la production, du commerce, la détention et l'usage des drogues hors utilisation médicale. Une convention est signée en 1961 qui porte sur la coca, l'opium, le cannabis et leurs dérivés.
Cette lutte contre la cocaïne est surtout menée en Colombie, au Pérou et en Bolivie. La Colombie important la coca produite par les deux autres pays afin de la transformer en cocaïne. Mais les consommateurs de cocaïne se trouvent aux Etats-Unis et en Europe.
Au Pérou, la culture de coca est autorisée dans le cadre d'un usage traditionnel et en Bolivie, uniquement sur certains territoires.

©AFP
Des études menées ont par ailleurs montrées que l'usage traditionnel de la coca (mâchée ou infusée) ne faisait pas de ses consommateurs des cocaïnomanes. Des traces de cocaïne sont trouvées chez les gros consommateurs de feuilles de coca mais celles-ci sont minimes et l'organisme les détruit très rapidement. Rassurez-vous, nous sommes donc complètement clean !!!

Ce qui est très intéressant, c'est qu'il existe une prédiction faite avant l'arrivée des espagnols sur le territoire inca qui explique l'utilité de la feuille de coca (donnée par les dieux aux hommes) et qui dit:

«Vous trouverez l'amour pour votre douleur, la nourriture pour votre corps 
et la lumière pour votre esprit. 
Plus loin, observez la danse des feuilles avec le vent 
et vous trouverez des réponses à vos requêtes.

Mais si votre tortionnaire, qui vient du Nord, 
le blanc conquérant, le chercheur d'or, devait toucher la feuille, 
il ne trouverait en elle que poison pour son corps et folie pour son esprit 
car son coeur est aussi impitoyable que son vêtement de fer et d'acier.

Et quand la coca, 
qui est le nom que vous lui donnerez, tentera d'adoucir ses sentiments 
elle ne fera que le briser comme les cristaux de glace nés dans les nuages 
fissurent les rochers, démolissent les montagnes.»

Prédiction se révélant tout à fait exacte au vu du détournement de l'usage traditionnel de la coca transformée en cocaïne.

©article11.info

PS : Vous l'aurez noté, les photos (sauf la première) ne sont pas de nous sur cet article. Elles appartiennent aux sites indiqués dans les légendes et si vous cliquez sur les photos, vous serez renvoyés vers ces sites.

samedi 3 décembre 2011

Potosi



Une des villes les plus hautes du monde (4070 mètres d'altitude), elle est construite au pied du Cerro Rico (la montagne riche), nom venant des mines d'argent trouvées dans la montagne. Nous y arrivons avec Valeria et Alessandra, que nous avons rencontrées dans le salar.


Jeudi 17 Novembre 2011:

Aujourd'hui, nous visitons une mine de Potosi. Les mines dans le Cerro Rico sont exploitées par des coopératives de mineurs et sont plus de 150.
La veille, nous avons vu un film « El Minero del Diablo » (la mine du diable), retraçant la vie d'un jeune garçon de 14 ans travaillant dans la mine depuis ses 10 ans. Orphelin de père et devant être soutien de famille pour aider sa mère à nourrir son petit frère et sa petite soeur, il n'avait pas un grand nombre de solutions et dans ce cas là, c'est la mine. Ce film, plusieurs fois primé, est très intéressant même si dur et l'on se rend bien compte du fossé entre nos avantages et la protection sociale que nous avons et leur système.

 

Nous partons avec un groupe de onze personnes et sommes accompagnés par deux guides, Johnny et David, qui travaillent toujours dans la mine.
Nous sommes d'abord équipés: sur-pantalon, veste, bottes, sac et lampe puis nous partons pour un premier arrêt dans un magasin du marché des mineurs, lieu où se vend tout ce dont ont besoin les mineurs: feuilles de coca, gants, jus de fruit, dynamite, cigarettes et alcool. L'alcool est le fameux whisky bolivien, c'est une boisson à 96° (oui, à ce niveau là c'est un désinfectant). Nous l'avons essayé pur et c'est quelque chose.
Nous décidons d'acheter des feuilles de coca (unique alimentation des mineurs dans la mine), des gants et du jus de fruit. Il s'agit de cadeaux pour les mineurs que nous rencontrerons.
Nos guides nous expliquent le fonctionnement des mines, elles fonctionnent sous forme de coopératives ce qui fait que les mineurs doivent acheter eux-mêmes le matériel avec lequel ils travaillent. Cela explique les conditions très rustiques de travail, chariots poussés à la main, creuser la roche sans masque anti-poussière …. De même les mineurs gagnent leur salaire en fonction de la quantité et de la qualité du minerai qu'ils extraient et n'ont donc pas de jours de travail ou d'horaires fixes.
Quand nous pénétrons dans la mine, nous découvrons cet univers particulier où il faut se baisser très régulièrement afin d'éviter les poutres au plafond, se cacher dans un coin pour éviter les chariots et lorsque nous levons la tête, nous découvrons de belles stalactites vertes, du cyanure nous dit notre guide.
Après une bonne demi-heure, nous rencontrons un chef d'équipe au fond de la mine, Pablo. Pablo est assez fort et nous nous demandons comment il a fait pour arriver jusque là car nous avons dû nous glisser dans un petit trou pour monter à ce niveau. D'ailleurs, la visite est fortement déconseillée à toute personne claustrophobe.


Pablo nous explique qu'il travaille là depuis plus de 30 ans, il a une cinquantaine d'années et deux de ses fils travaillent avec lui. Ils peuvent passer 8, 10, 12, 20 heures dans la mine en ne se nourrissent que de feuilles de coca qu'ils mâchent, en fumant des cigarettes et en buvant du whisky bolivien. D'ailleurs nos guides nous montrent le rituel pour boire ce fameux alcool dans la mine. Tout d'abord, ils font un cocktail, moitié whisky moitié jus de pêche dans une bouteille puis chacun s'en verse dans un petit récipient. Avant de boire il faut faire une série d'offrandes (un peu d'alcool répandu au sol) pour Pachamama (la terre mère, la montagne), pour les mineurs, pour le Tio (dieu de la mine), pour le groupe et pour toute personne qu'on souhaite ajouter et très important, il faut dire « Salud » avant de boire! Si on ne dit pas salud, on a l'obligation de recommencer! Bizarrement nos offrandes et celles des mineurs n'ont pas les même proportions, nous versons beaucoup plus d'alcool au sol qu'eux!!
Après cette petite pause hydratation, les mineurs nous montrent comment ils extraient le minerai. Ils utilisent une sorte de marteau piqueur électrique afin de casser la roche, cela produit énormément de poussière et leurs masques sont assez rudimentaires. Julien s'y essaie et trouve l'engin très lourd, il faut savoir qu'ils peuvent avoir à le porter plus d'une heure d'affilée.


Nous repartons ensuite et notre guide nous fait une démonstration de l'usage de la dynamite. Après avoir assemblé sa charge, il nous fait éteindre nos lampes et part l'installer plus loin (après l'avoir allumée près de nous et être resté quelques instants à bavarder!!). Quand la détonation se produit, cela fait un bruit énorme!

Pour finir, nous allons voir le Tio, dieu de la mine mais qui est en fait plus une incarnation du diable. Chaque mine a son Tio sculpté auquel les mineurs font des offrandes (feuilles de coca, cigarettes, alcool) afin qu'il les protège des accidents et leur fasse trouver de bons filons. A la base, le Tio est un dieu fabriqué par les espagnols afin de motiver les indiens à travailler dedans. Les espagnols l'appelaient Dio (Dieu), or dans le langage Quecha, le son « d » n'existe pas, du coup ils l'ont appellé « Tio ».
Le Tio a également un pénis en érection que les mineurs touchent en buvant de l'alcool afin d'avoir des enfants. Le guide demande à Valeria de le toucher pour lui porter chance et quand elle le fait, elle casse le pénis du Tio!! Heureusement le guide n'a pas l'air d'être trop scandalisé mais dit à Valeria que c'est de la malchance pour elle!

C'est ainsi que notre visite se termine et nous sommes assez contents de sortir de cet univers très renfermé et dangereux (de nombreux mineurs meurent chaque année dans la mine, d'ailleurs il y en a eu deux durant la semaine où nous sommes passés à Potosi. La légende dit que plus de 8 millions de mineurs ont trouvé la mort à cause de la mine. C'est possible si l'on compte les morts dues au maladies (principalement la silicose)). Nous y avons passé deux heures, dire qu'eux y restent tellement plus.
Après cette visite et une bonne douche, nous allons boire un verre avec nos guides et une partie du groupe. Ils nous emmènent dans un bar/restaurant où les mineurs vont. Nous commandons des bières et apprenons que chez les mineurs, il faut commander les bières par deux et que dès qu'un verre est vide, il faut le remplir! Autant dire que l'on ne boit pas son verre cul sec!!
Nous goutons également à un plat typique bolivien: viande, riz, pommes de terre avec une sauce au peu piquante et c'est très bon.


Vendredi 18 Novembre 2011:

Avant de partir pour Sucre (prononcez soucré), nous décidons d'aller à une lagune d'eau chaude à l'extérieure de la ville.
Nous prenons donc un bus dans le centre ville. Ici les bus ont un fonctionnement un peu particulier, ils n'ont pas d'horaire de départ mais partent une fois rempli!
Cette lagune se trouve à 1/2h de bus de la ville plus une vingtaine de minutes de marche en montée (et à 4000 mètres, on les sent passer les minutes). Mais elle vaut vraiment le détour. La lagune est très grande (30 mètres de diamètre) et peu fréquentée. Durant notre baignade pendant 1h-1h1/2, nous n'avons vu que deux autres couples de touristes! Par contre, il y avait plusieurs familles boliviennes venues pique-niquer.
Durant le retour, nous rencontrons un couple d'anglais Ash et Abida qui visitent la Bolivie et souhaitent faire le Huyuana Potosi, un sommet de 6000 mètres, l'un des plus accessibles au monde, que Julien veut lui aussi gravir. Nous décidons donc de nous retrouver à Sucre puis La Paz pour envisager ce projet.


mardi 29 novembre 2011

Salar d'Uyuni


Dimanche 13 Novembre 2011:

Rendez-vous à 7h45 devant l'hôtel, un minibus passe nous prendre car nous sommes « loin » de l'agence (plus de 5 minutes à pied... pour l'agence c'est le critère pour une longue distance).
Nous arrivons quelques minutes après au centre ville et nous comprenons immédiatement que nous ne serons pas seuls pendant ce voyage. En effet, une bonne quarantaine de personnes attendent d'être réparties dans les minibus pour se rendre au poste frontière.
Au final nous sommes 16 personnes à voyager ensemble. D'abord dans un minibus puis nous serons repartis dans trois 4X4 du côté Bolivien.

Le premier poste frontière (pour sortir du Chili) est situé dans la ville. Les douaniers ne voulaient certainement pas passer leurs journées à 3700m d'altitude au milieu du désert...
En file indienne, dans la rue, les touristes que nous sommes attendent patiemment leur tour au milieu des camions transportant des voitures qui traversent la frontière. Et des voitures il y en a pour tous les goûts : des neuves, des veilles, des cassées, des pièces de collections …. Il paraît que beaucoup de voitures volées au Chili et en Argentine arrivent en Bolivie. Combien de voitures volées avons nous sous les yeux ? Mystère...

Paf ! Le douaniers appose le tampon de sortie du territoire Chilien. C'est notre 4ème rien que pour le Chili à cause de notre passage rapide en Terre de Feu. Bon c'est toujours 2 tampons de moins que l'Argentine !!!
Nous remontons dans le bus direction la frontière bolivienne. 1H30 de montée en zig-zag pour rejoindre l'altiplano. Quand nous atteignons la frontière l'altitude se fait déjà sentir, il va falloir s'acclimater.
Le passage de frontière bolivienne est beaucoup plus laxiste. Le douanier regarde à peine si les photos des passeports correspondent à la personne. Tant mieux pour nous, c'est beaucoup plus rapide et en dix minutes nous sommes prêt à être répartis dans les 4X4. Après un petit dej bien sur !

Nous nous retrouvons avec Francis, Alessandra (Italienne), Nora et Helen (2 Suisses). Une voiture 100% européenne donc, sauf le chauffeur qui ne parle pas un mot d'anglais mais qui semble très sympa.
Deux autres groupes de 5 embarquent dans deux autres voitures : 2 Néo-zélandais (qui ont admis que la finale de la coupe du monde aurait dû être française donc tout va bien !) et 3 Australiennes dans la première et 2 Espagnols, 2 Canadiens et 1 Allemande dans la seconde. Un groupe venu de tout horizon !


Première étape sur la route : la laguna verde (prononcez : « verdé »). Elle s'appelle ainsi car l'arsenic contenu dans le sol lui donne une couleur verte. Vous vous en doutez, l'eau est très toxique et aucun animal ne vient se baigner ici même si l'eau est chaude.
Il faut savoir que les Andes sont une chaîne de montagnes volcaniques (la plus grande chaîne de montagne au monde et la deuxième plus haute derrière l'Himalaya) qui constituent une partie de la « ceinture de feu » du Pacifique. Voilà pourquoi la plupart des lagunes et des sources sont chaudes.

Et d'ailleurs notre deuxième arrêt est une source d'eau chaude où l'on peut se baigner ! Une petite piscine extérieure à été construite et l'eau avoisine les 35°. Nous devons avouer que c'est quand même un bonheur de se baigner à 4000m d'altitude au milieu d'étendues désertique avec une vue imprenable sur les volcans alentours.


A quelques kilomètres de là, nous rencontrons un autre phénomène volcanique : les geysers.
Bon ce ne sont pas des gros geysers qui crachent de l'eau mais plutôt plein de petits trous dans le sol d'où s'échappe de la vapeur et qui dégagent une forte odeur de souffre. Il y a aussi des bassins de boue toxique de toutes tailles qui bouillonnent plus ou moins avec la chaleur. Notre chauffeur nous a dit de faire attention à ne pas tomber dedans et nous pensons qu'il a raison !

Nous reprenons la route direction notre hôtel du soir situé en face de la laguna colorada que nous verrons demain matin. Il est 15h30 et nous avons (enfin) un déjeuner ! L'altitude, ça creuse, vraiment.
Le reste de l'après-midi, nous avons quartier libre. Les agences ont prévu un temps de repos au cas où des gens ne se sentent pas bien avec l'altitude car nous sommes à 3700m et nous sommes passés à plus de 4700m aujourd'hui. Pour nous tout va bien (à part un léger mal de crâne), même pas besoin de mâcher de la coca (nous reviendrons sur cette plante dans un autre article). Nous partons donc avec Francis marcher un peu et nous rencontrons des lamas ! Avec les vigognes (une autre espèce de lama plus petite) ce sont les principaux habitants de l'altiplano. Il y a beaucoup de vent aujourd'hui, nous rentrons donc à l'hôtel pour lire un peu, discuter avec les autres et boire un thé.


Après un petit dîner sommaire (saucisse/purée), nous nous couchons tôt dans nos duvets car la nuit est très froide et l'agence nous a dit que les couvertures fournies ne suffisaient pas. Et ils avaient raison !

Lundi 14 Novembre 2011 :

Lendemain petit déjeuner 6h30 départ 7h15. Pas d'eau chaude donc pas de douche (nous le savions) forcément ça raccourcit le temps nécessaire pour se préparer.
Nous remontons les sacs sur le toit de la voiture, le chauffeur les enroule dans une bâche pour éviter qu'ils prennent la poussière, et nous voilà partis pour la laguna colorada.

Première question : Pourquoi s'appelle-t-elle « colorada » alors qu'elle est rouge ? Pourquoi pas laguna roja (rouge) ? En fait c'est très simple, elle change de couleur. Ou plutôt elle perd sa couleur rouge la nuit. Quand nous arrivons, elle commence à reprendre sa couleur rouge sang. Et c'est drôle il y a des taches roses sur la lagune... Et en plus elle bougent ! Tiens il y en a même une qui s'envole... Une petite idée ? Des flamants roses bien sur ! Et il y en a un bon nombre ! Ils se nourrissent de petits crustacés qui recouvrent le fond de la lagune.
Des flamants roses sur un fond rouge sang... c'est vraiment un spectacle fascinant. Sûrement une des plus belles visions du voyage pour le moment.


Aujourd'hui c'est la journée des lagunes ! En plus de la laguna colorada, nous croisons la laguna blanca, la laguna honoa et deux autres dont nous n'avons plus les noms! Toutes ont leur lot de flamants roses et c'est vraiment superbe de voir le vol de ces magnifiques oiseaux.

                

Nous nous arrêtons aussi dans un champ de pierres volcaniques avec une vue imprenable sur le seul volcan encore actif de la région : le Utucunru qui culmine à 6008m.
Non loin de là se trouve aussi l'un des points forts du trajet, le célèbre arbre de pierre !


Nous nous rendons ensuite dans un village où nous achetons une bouteille de vin rouge (Casillero del Diablo !) pour ce soir, car la bière et le whisky bolivien (nous y reviendrons aussi) sont fortement déconseillés en altitude, et nous reprenons la route direction un hôtel de sel en bordure du fameux Salar d'Uyuni.
Le concept est fascinant, tout l'hôtel (sauf les sanitaires) est construit en brique de sel et du gros sel sert de moquette ! Les tables, les chaises, les lits (un matelas est quand même posé dessus), les murs... tout en sel. Pratique pour assaisonner les plats du soir ! Et pour la petite histoire, il n'y avait effectivement pas de sel à table... un comble non ?
Pour demain, nous avons deux options : Réveil 4h30 pour voir le lever du soleil sur le salar ou lever 7h. Pour la première, il faut que les 16 personnes soient d'accord car les voitures doivent se suivre. Mais comme notre groupe est vraiment génial, la première option est votée !

Mardi 15 Novembre 2011 :

Départ 5h00. Nous sommes tous un peu endormis sauf le chauffeur (heureusement). Les premières lueurs du soleil pointent à l'horizon mais nous avons encore un peu de temps pour nous rendre au salar. La voiture quitte la piste en terre et continue tout droit à travers un mélange de sel et de terre. Le désert de sel n'est pas loin. 30 minutes plus tard le chauffeur s'arrête, nous mettons le pied sur un surface lisse et dense : le salar ! Enfin ! Nous regardons autour de nous et seules quelques montagnes au loin viennent briser cette étendue blanche parfaitement plane.
Le soleil se lève et projète des ombres incroyablement grandes sur le sol. C'est l'heure pour les premières photos.

 

Mais pourquoi une telle quantité de sel s'est retrouvée ici ? Pour comprendre il faut remonter 40 000 ans en arrière. A l'époque un lac d'eau salée se trouvait ici, enfin une partie d'un lac géant, le Lago Minchin. Celui-ci a fini par s'assécher et le sel s'est déposé sur le sol pour former la plus grande surface plane de la planète (12 500 km) et, vous l'aurez compris, le plus grand désert de sel.
Le salar d'Uyuni est aussi une formidable ressource économique pour le pays car il attire non seulement de plus en plus de touristes chaque année mais il est aussi la plus grande réserve mondiale de lithium.
Ce composant que l'on retrouve dans la majorités de nos batteries d'appareils électroniques est pressenti pour être le prochain « or gris » et de nombreuses compagnies étrangères ont tenté de s'implanter en Bolivie pour extraire ce minerai. Mais depuis 2009 le gouvernement Bolivien a nationalisé les ressources naturelles du pays en inscrivant cette règle dans la constitution : « les ressources naturelles du pays sont la propriété du peuple bolivien et seront exploitées en fonction de l'intérêt collectif ». Une réforme qui devrait éviter un pillage qui ne profiterait pas au pays. Du moins pour un temps car la Bolivie traine à lancer sa production et commence à demander de l'aide à certaines entreprises étrangères. Si vous souhaitez en savoir plus, internet regorge d'articles/reportages qui expliquent très bien les enjeux de ce minerai.

Après le lever de soleil, nous reprenons la route direction l'île des pêcheurs. C'est en fait une formation rocheuse qui se situe en plein milieu du salar et qui donne vraiment l'impression d'être une île perdue dans cette immensité blanche. Ceci dit elle devient vraiment une île quand l'eau recouvre le salar (de Décembre à Mars) avec la saison des pluies. A cette occasion, le salar devient « le plus grand miroir du monde » (citation de l'office du tourisme Bolivien, regardez des photos sur internet, c'est vraiment splendide).
Après 1h30 de « route » en direction de l'île, nous y arrivons enfin. La sensation dans la voiture fût étrange. Voir cette île au loin et rouler tout droit pendant plus d'une heure sans avoir l'impression que celle-ci se rapproche.... Nous perdons vraiment tout repère de distance.
L'île est recouverte de cactus géants. Ceux-ci ne poussent que d'un centimètre par an et certains atteignent les 20m. Une idée de l'âge ? ;)


Un chemin a été aménagé sur l'île pour grimper au sommet. Après quelques minutes de marche nous nous apercevons que les cailloux sont étranges.... et à bien y regarder, ils ressemblent fortement à des coraux ! C'est quand même dingue ! Des fossiles de coraux à 3600m d'altitude ! Un autre signe de la présence d'eau salée il y a des siècles (comme si les 10 milliards de tonnes de sel ne suffisaient pas...).


Le chauffeur nous emmène ensuite en plein milieu du salar pour une séance photo ! Les fameuses photos où l'on joue avec la distance. Plus qu'un long discours voici un échantillon :

         


1h30 plus tard nous continuons vers l'ancien hôtel de sel au milieu du salar. Rien de très intéressant à voir cependant. Puis nous arrivons dans une exploitation de sel (destiné à la consommation). La vison est sympathique mais on sent vraiment le côté touristique... La moindre photo de travailleur se négocie à coût de Bolivianos. Nous ne prendrons donc que le paysage (un ouvrier a même tenté de négocier la photo du vélo...).



Nous repartons ensuite pour un petit repas puis direction un cimetière de locomotives. L'endroit est assez impressionnant juste après la ville d'Uyuni, rempli de vieilles locomotives et de wagons rouillés. Uyuni était un centre important en matière de transport ferroviaire du fait de sa proximité avec le Chili, l'Argentine et la mine d'argent de Potosi. Mais avec le différent entre la Bolivie et le Chili (la Bolivie demande un accès à la mer), la ligne est presque à l'abandon. Un seul train de marchandises par jour traverse désormais la frontière sur une voie ferrée qui coupe tout droit dans le salar.
Les anciennes machines ne servant plus, elles ont été entassées à la sortie d'Uyuni dans une voie de garage. Le sel et les pillards de métal ont fini de les achever.

   


Un seul regret, le paysage est entièrement couvert de sacs plastiques. Le gouvernement Bolivien refuse de financer une décharge à la ville depuis plusieurs années et les vents, parfois violents, entrainent les déchets sur des kilomètres.

Nous arrivons enfin à Uyuni ! Le voyage fût long, beaucoup de voiture, mais absolument magique. C'est vraiment une excursion à ne pas rater si vous visitez la région ! Nous dormirons ce soir à Uyuni avant de prendre un bus pour Potosi demain en compagnie d'Alessandra et Valeria. Francis quand à lui repart pour San Pedro de Atacama.

lundi 28 novembre 2011

Bilan Chili:

Nous avons passé 10 jours au Chili. Nous avons traversé rapidement ce pays, peut-être du fait de notre mésaventure dès notre deuxième jour!

Un tour à deux au Chili c'est :
  • 5 villes visitées
  • 3240 Km en bus pour plus de 40h
  • 2 bouteilles de vin
  • 5 hostels
  • 1 sac à dos volé (avec l'appareil photo)

Informations concernant le Chili :
  • La monnaie est le Pésos Chilien qui s'écrit $CL (1€ = 700$CL)
  • Une nuit en hostel coûte environ 8 000 $CL en dortoir et 12 000 $CL en chambre double (prix par personne)
  • Les bus sont confortables et légèrement moins chers qu'en Argentine
  • Le rythme de vie Chilien est le même qu'en Argentine, couche tard/lève tard. Particularité du pays, les commerces sont souvent fermés entre 13h et 16h (pour la sieste?).
  • Attention aux vols, c'est le premier pays dans lequel nous entendons parler de nombreux vols souvent très osés (sac pris sous la chaise où la personne était assise,...), sans compter notre propre « expérience » en ce domaine

Les choses que l'on a préférées:
  • Valparaiso (son port, ses fresques et ses funiculaires)
  • Le vin
  • La Vallée de la Lune

Les chose qu'on a le moins aimées:
  • Le vol
  • Le thé aux céréales
  • Les heures de bus
  • Les prix

Les choses qu'on aurait aimées faire:
  • Passer par le nord du pays
  • Aller sur l'Ile de Pâques (trop cher)
  • Passer par Torres del Paine


C'est un très beau pays qui mérite le détour. De plus, les chiliens sont très accueillants et très agréables. Et pour ne rien enlever, ils produisent de très bons vins.
Par contre, c'est un pays qui est assez cher à peu près comme l'Argentine mais contrairement à celle-ci, nous le savions et notre budget était étudié pour.


Carte de notre trajet au Chili:


Afficher Chili sur une carte plus grande

lundi 21 novembre 2011

San Pedro de Atacama:


Vendredi 11 Novembre 2011:

A la descente du bus, nous rencontrons Francis, un français venu visiter le Chili pour 6 semaines. Nous cherchons un hostel ensemble et après quelques déconvenues, San Pedro étant une ville très touristique il vaut mieux réserver à l'avance, nous trouvons un petit hostel.
Nous programmons notre excursion dans le salar d'Uyuni et notre passage en Bolivie pour dimanche.
Etant très motivés malgré l'altitude (2600m), nous partons en fin d'après midi à vélo (et oui, nous avons décidé de tester tous les moyens de transport existant) en direction de la « Valle de la Muerte » (vallée de la mort) pour voir le coucher de soleil. L'aller s'avère un peu difficile avec un vent de face mais la vallée est très sympa même si nous arrivons un peu tard pour voir le soleil se coucher.



Samedi 12 Novembre 2011:

Après une matinée passée à essayer de rattraper notre retard sur le blog, nous partons dans l'après midi visiter la « Valle de la Luna » (vallée de la lune).
C'est une vallée qui est connue pour ressembler de très près à la surface de la lune, d'où son nom.
Nous y voyons de superbes paysages et après s'être faufilé dans un canyon et gravi une dune, nous assistons au coucher du soleil, cette fois ci nous sommes à l'heure.

                                          

Le soir, pour préparer notre excursion dans le salar et un passage à plus de 4500 mètres d'altitude, nous ouvrons la bouteille de vin rouge achetée à Santiago pour la boire avec Francis. En effet, afin d'éviter le mal de l'altitude, dès la veille, il ne faut pas manger de viande rouge, boire de boissons pétillantes et de l'alcool mais le vin rouge n'est par contre pas un problème car il aide à réguler la pression sanguine. Tant mieux pour nous!



vendredi 18 novembre 2011

Santiago

Mardi 8 Novembre 2011:

Pour notre premier jour à Santiago, nous quittons la ville pour aller visiter le domaine viticole de Concha y Torro, réputé au Chili et dans le monde.
Il possède de très nombreux cépages (Cabernet Sauvignon, Pinot noir ou encore Carménère).
La visite dure environ deux heures et est très agréable, le domaine est très beau et nous avons droit à deux dégustations de vin ainsi qu'à la visite de la célèbre cave de « Casillero del Diablo » (la cave du diable). Cette cave à des conditions optimales pour conserver du vin, et le premier propriétaire du domaine y stockait ses meilleurs crus.
Afin d'éviter qu'on ne les lui vole, il fit courir une rumeur : la cave serait la demeure du diable et la population très crédule y cru!!!
Après cette visite, petit passage par la boutique! Nous nous laissons tenter par deux bouteilles, une de blanc et une de rouge dont nous vous dirons des nouvelles!!



Mercredi 9 Novembre 2011:

Aujourd'hui, visite de Santiago et nous commençons par le cerro San Cristobal où se trouve une grande statue de la Vierge de 22 mètres de haut.
Pour monter en haut, nous utilisons le funiculaire (et oui parfois nous sommes fainéants) et avons droit à une vue superbe de toute la ville.
Après être montés à pied jusqu'à la statue de la Vierge (il n'y avait plus de funiculaire), nous faisons une petite pause déjeuner avec un empenadas (sorte de chausson fourré aux légumes et à la viande) et Aurore a la joie de découvrir un petit cafard (mort) dans le sien!


Nous redescendons à pied le cerro et allons nous ballader dans la ville. En marchant dans la rue, nous croisons de nombreuses personnes avec des gobelets contenant une sorte de thé avec des céréales. Nous décidons de tester! Il s'agit d'un thé froid dans lequel sous mis des grains de blé précuit et des morceaux de pèche, un repas complet en somme!! Après test, ce n'est pas mauvais mais pas très bon non plus, un peu trop sucré.

Ce soir, nous ouvrons la bouteille de blanc qui s'avère très bonne mais peut-être un peu jeune.
Nous partons le lendemain pour San Pedro de Atacama et 24h de bus!!

samedi 12 novembre 2011

Valparaiso


Le voyage se poursuit et nous arrivons à Valparaiso.

Cette ville a acquis sa renommée mondiale grâce à son port. C'était en effet le premier gros port sur la route des bateaux venant d'Europe une fois passé le Cap Horn. Mais depuis la construction du canal de Suez, le port a perdu de son intérêt et Valparaiso est devenue, au fil des ans, une ville culturelle, artistique et touristique.


Les cerros (collines) qui entourent la ville sont couverts de maisons aux murs bariolés de couleurs vives et de fresques en tout genre. On apprécie de se perdre dans les dédales de ruelles car, à chaque coin de rue, nous découvrons une nouvelle ambiance. La chaleur latine qui nous avait fait défaut en Argentine est cette fois ci bien présente.
Les écoles d'art sont légion à Valparaiso et de nombreux hostels proposent des cours d'art et/ou de photos qui sont souvent combinés à une pratique de l'espagnol pour se perfectionner. Nous n'avons malheureusement pas le temps de nous y inscrire car les derniers évènements nous ont un peu retardés. Nous croisons de nombreux élèves ou touristes assis dans la rue à dessiner des croquis des peintures ou de l'architecture anarchique de la ville.
Il règne un certaine douceur de vivre malgré le fait que la ville soit réputée plutôt « dangereuse » (surtout la nuit).



Autre particularité de Valparaiso : les ascenseurs ! Enfin plutôt les funiculaires. Cette ville étant construite sur des collines abruptes, les habitants en ont installé beaucoup il y a de nombreuses années. Aujourd'hui une quinzaine sont encore en état de fonctionnement et ont gardé leur charme d'antan. 


Tous les mécanismes sont très anciens et s'élever à flanc de collines avec les craquements de bois de la cabine, le bruit des câbles et des crémaillères en métal pour découvrir quelques instant plus tard des points de vue sublimes sur la ville et le port est vraiment une expérience unique.
Certains de ces funiculaires sont même devenus de véritables attractions touristiques.

Les deux cerros les plus touristiques sont le cerro allegre et le cerro conception. Nous logeons au cerro conception à deux pas d'un célèbre ascenseur. Célèbre car il possède une des pentes les plus abruptes de la ville. Le prix est assez réduit (au maximum 300 pesos/pers/trajet ce qui fait moins de 50 centimes d'euros).
Ce sont les deux cerros les plus colorés et fréquentés de Valparaiso mais ils sont plutôt petits et nous sentons vraiment trop le côté touristique (et les prix qui vont avec). Ils restent néanmoins un passage obligatoire pour découvrir la ville.